Panneau triangle renversé

(Extraits de la Brochure Non-mixité femmes Résiste ! éditions 2003)

Organisations non-mixtes entre féministes, lesbiennes, meuf,  trans,… de tous horizons, de toute classes sociales; c’est quoi ?

Outre la remise en cause perpétuelle de la légitimité des luttes féministes (quoi ? T’es  féministes ? Mais voyons, c’est dépassé… aujourd’hui, c’est l’égalité !), il nous faut encore perpétuellement argumenter sur l’utilité et le sens d’une organisation en espaces non-mixtes.

La non-mixité reste la question qui fâche, qui divise, qui provoque continuellement des discussions enflammées. Majoritairement avec des hommes, dont on ne peut que se demander s’il n’y a pas là une volonté de garder le contrôle sur les femmes, sur leurs paroles et leurs actions.
L’autonomisation des mouvements de femmes menaçant directement les intérêts et les privilèges dont jouissent les hommes dans nos sociétés patriarcales. Mais également souvent avec des femmes, dénonçant ce qui leur apparaît comme des pratiques discriminantes envers les hommes.

Si la non-mixité des groupes de femmes pose systématiquement problème, il est pour le moins surprenant que le féminisme soit la seule lutte au sujet de laquelle on se pose la question de savoir si une autonomie est légitime. On entend pourtant régulièrement, concernant les sans papier-e-s, ou encore la lutte des Noir-e-s aux Etats-Unis, que leur indépendances et leur autonomie d’organisation est légitime, au moins comme premier pas dans un processus d’émancipation  vis-à-vis des oppresseurs.

La non-mixité, si je veux, quand je veux !

La Gavine est un lieux féministe en Fance où la non-mixité est revendiquée. On nous reproche parfois d’être séparatistes, sectaires, sexistes…La non-mixité entre femmes et hommes, c’est en effet un instrument de la tradition, de l’anarchisme, du harem…C’est en effet un instrument de domination dans les sociétés où la non-mixité est imposée. La mixité  évoque la modernité, la liberté, l’égalité, dont nos sociétés se glorifient.(« la nouvelle vague du féminisme : jeune et mixte », tître Marie Claire dans son dernier numéro !) Pourtant cette mixité se parle au masculin, le masculin l’emporte sur le féminin , le féminin est systématiquement oublié. Pourtant … cette mixité devient dangers, violences pour les femmes seules dans la rue, les lieux publics et privés. Pourtant… dans les lieux publics mixtes, la lutte des femmes, au mieux est secondaire au pire est invisible. Comme sont secondaire, « folklorisées », les cultures, luttes des peuples qui ne sont pas dans la culture blanche et occidentale, considérée comme universelle. Celui qui exclut n’est pas celle qu’on croit ! Alors cette mixité jamais questionné est-elle si neutre, égalitaire, pour les femmes et les hommes ?  N’est-elle pas une illusion ? Ne voile-t-elle pas aussi une domination au quotidien, COMMUNE à toutes les femmes? Du coté des femmes, dans la non-mixité choisie, nous trouvons écho à notre histoire, redonnons de la valeur à nos paroles. C’est une nécessité, une étape pour sortir de l’isolement, briser la rivalité, la division des femmes apprendre à se reconnaître entre elles, apprendre à se reconnaître de la même histoire collective, dévoiler les mécanismes de cette oppression et nous permettre de créer un réel rapport de force pour les combattre. C’est contre les rapports sociaux sexistes que nous luttons et non contre des individus-e (« on n’est pas des femmes et/ou des hommes on est des individu-e-s), masque la hiérarchie des rôles. Individu-e-s nous adviendrons en reconnaissant d’abord les places sociales hiérarchisées, pour les combattre et les faire disparaître. La non-mixité, loin de nous séparer et de nous diviser nous permet, de nos places de femmes et d’hommes de lutter contre ce que nous appelons : le patriarcat.

Inform’elles-un groupe de la Gavine- 8 mars 1996

(Extraits de la Brochure Non-mixité femmes résiste ! éditions 2003)